La transformation numérique vécue par les dirigeant⋅e⋅s de TPE/PME

De mes diverses discussions avec des décideurs sur l’opportunité de se lancer dans un projet de transformation numérique, il y a quelques remarques qui reviennent régulièrement :

Beaucoup d’articles sur le sujet abordent cette question sous l’angle de la stratégie.
Avoir une vision à long terme c’est bien mais ça manque de stratégie opérationnelle.
Ce qui intéresse les chefs d’entreprise en priorité c’est le résultat potentiel d’un projet.
Ça sera difficile pour un décideur de se projeter dans des projets numériques s’il n’a pas une vision claire du bénéfice qui va en résulter.
En gros c’est quoi le ROI.
C’est quoi le gain de productivité.

Quand on est un dirigeant, on veut des chiffres

Mettons-nous à la place du chef d’entreprise, s’il ne peut pas mettre des chiffres en face d’un projet numérique.
Par exemple :

  • combien d’heures en moins sur telle opération,
  • combien de clients en plus,
  • combien de réclamation en moins.

Sans réponse à ces questions, il ne sera pas forcément enthousiaste à l’idée de se lancer dans un tel projet.

Combien ça coûte, quel risque ?

D’autant plus qu’un décideur un peu renseigné a pu tomber sur des chiffres quelque peu horrifiques.
Les coûts en temps et le taux très faible de réussite peuvent faire douter du bien-fondé de ce type de projet.
Les études montrent régulièrement ce genre de résultats :
70 % des projets ne respectent pas les enjeux (temps, coût et fonctionnalités)
20 % des projets SI sont purement abandonné (sur 20 ans)

On se rend compte qu’un projet numérique c’est un coût non négligeable avec un risque associé rarement nul.

Quel résultat potentiel

Quand je démarre un projet d’application métier pour une entreprise, la première question c’est de savoir combien de temps prend tel ou tel process.
Et si on met en place une solution numérique, combien de temps va-t-on gagner.
À partir du moment où on peut prédire un R.O.I, on peut estimer l’opportunité et le risque associé.

C’est important aussi de comprendre ce qu’on va gagner en confort de travail.

Une stratégie pour se numériser

Donner les moyens au chef d’entreprise de se familiariser avec les outils numériques.

Pour un chef d’entreprise qui n’a pas forcément l’habitude de se servir d’applications en ligne –ce que sont censés faire tous ces digital native– c’est compliqué d’avoir une vision.
Il n’appréhende pas forcément les opportunités et l’étendue des services numériques.

Je propose une démarche de facilitation suivant deux axes parallèles.

Premier axe : l’acculturation aux outils numériques

Une découverte concrète par une approche personnelle de ce qu’est que le numérique.
C’est-à-dire utiliser des outils d’apprentissage ou plutôt de construction d’applications numériques.
Le bénéfice de cet apprentissage c’est qu’il permet à un décideur de se faire une idée concrète des services qu’apporte une application numérique à ses problématiques métier.

Il y a un mouvement assez intéressant en ce moment qui est en train d’arriver, on trouve des outils pour produire des applications mobiles sans avoir besoin de savoir coder.
Cette tendance est portée par le mouvement “citoyen développeur” ou “no code”.
Certaines entreprises se rendent compte qu’une partie de leurs besoins peuvent être couverts par des collaborateurs qui “bricolent” des solutions à partir de ces plateformes.

En participant à une journée d’apprentissage pour développer et mettre en ligne une application mobile, un décideurs appréhende de façon concrète la mise en œuvre d’un projet numérique.
Les retours d’expérience montrent que ce genre d’atelier est l’élément déclencheur d’un ajustement de la perception des outils numériques.

Accessoirement, ce genre d’exercice permet aussi de comprendre les difficultés du développement informatique :)

Pour info, j’animerai un atelier sur ces pratiques le trimestre prochain.

Initier des projets à périmètre restreint identifiés par les équipes.

Impliquer les équipes sur l’identification du projet.
Pour tester l’eau en quelle sorte, il est judicieux de démarrer un projet sur un périmètre bien défini et réduit, pour un risque minimum et des résultats quantifiables.
Le but est d’évaluer rapidement les bénéfices, de comprendre l’intérêt de la technologie et de commencer à construire cette fameuse vision à long terme.
Cela permet aussi à chacun de prendre ses marques et d’évaluer son degré de maturité numérique.

Ce type de projet démarre par l’identification avec ses collaborateurs des points de blocage, d’amélioration, des besoins qui pourraient être résolus par le numérique.
Dans n’importe quelle entreprise, on peut trouver des dizaines de process qui peuvent être amélioré, automatisés pour gagner en productivité.
Le but n’est pas de se lancer dans l’installation d’un CRM.
Mais de tester rapidement et en grandeur nature l’utilité d’une transformation numérique pour l’entreprise.
L’expérience réussit souvent, parce qu’un projet bien mené simplifie la vie des collaborateurs et tout décideur l’apprécie.

Un accès à de l’information spécifique

Depuis quelques années, en Pays de La Loire, les associations(ADN’Ouest) et CCI ont initié quantité d’événement à destination des PME.
Chaque atelier draine une petite dizaine d’entrepreneurs.
La journée Digital Change rassemble un millier de participants.

Si l’on veut passer à l’échelle et toucher plusieurs milliers d’entreprise par an, nous allons devoir changer de mode opératoire.

Pour prendre des décisions, tout décideur veut de l’information.
Beaucoup. Et pertinente. Et spécifique.
Une piste est de fournir une bibliothèque de contenus très complète.
Qui présenterait

  • des vidéos sur des retours d’expérience,
  • des tutoriels sur des technologies spécifiques,
  • les dispositifs d’aide,
  • etc.

“Stay tuned” pour les prochaines mises-à-jour.